L’amour d’un chien pour mon sac

Il est 5h du matin et nous arrivons de San Salvador. Nous venons de récupérer nos bagages et le chien renifleur s’approche tout doucement de nous. Soudainement, il saute sur mon sac à dos tel un renard sur un mulot enfoui dans la neige! Il est en extase «sur» mon sac à dos. C’est l’amour à l’aéroport de Fort Lauderdale! Le douanier me sourit, je lui rends la pareille. Il offre un jouet à son chien et repart aussitôt. Commence alors notre introspection.

Est-ce que c’est le délicieux café que nous avons rapporté qui le fait réagir ainsi? On révise la liste des items défendus. Quelqu’un a pu mettre des objets prohibés dans mon sac? Après de longues minutes d’attente angoissantes en file, notre tour arrive finalement de remettre notre formulaire de déclaration au douanier.  Le chien revient pour un deuxième tour de piste et il a encore une vive réaction. Il détecte quelque chose de suspect. On a un problème. Pourtant, ça fait plus de douze fois qu’on prend l’avion au cours des quatorze derniers mois et nous n’avons été victime d’aucune fouille. La treizième fois sera peut-être fatidique.

Nous sommes blêmes d’une nuit blanche dans l’avion mais c’est surtout l’idée de la fouille qui nous déplaît. Le douanier nous apostrophe alors :

«Do you have any medications, drugs»?

«Si, si, oups, yes, yes,»

« What types of drugs? »

« Many, I don’t remember the names »

Le douanier nous prie de déposer nos sacs sur le comptoir et enfile ses gants. Il amorce la fouille de nos sacs et nous demande alors;

«Any narcotics»?

Euuuhhhhh, non mais nous avons des pilules. Beaucoup de pilules. C’est la faute de la Clinique du Voyageur. Quelques consultations nous permettent d’établir les vaccins à être idéalement administré et les médicaments à transporter.  On a :

  • Malarone et chloroquine; deux types de pilules pour la malaria en fonction des régions que nous visitons;
  • Dexamétasone pilules pour l’altitude
  • Azythromicine  et Cipro contre les infections aux bactéries,
  • Antihistaminiques pour les allergies,
  • Tamiflu pour le H1N1 ou autre forte grippe
  • Immodium pour la diarrhée,
  • Gravol pour le mal de cœur,
  • Gastrolyte pour combattre la déshydratation,
  • Eno et Peptobismol pour les maux de ventre,
  • Acétaminophène et ibuprophène pour les petites douleurs de tous les jours,
  • Quelques seringues et thermomètres,
  • Sans parler des crèmes cortisone, Polysporin…

Une petite pharmacie quoi!

Notre trousse de médicaments
Notre trousse de médicaments

Malgré notre explication quant à l’utilité de ces médicaments, il nous regarde d’un air sceptique. Il appelle alors le chef pour s’assurer de la marche à suivre. Nos rires sont plutôt crispés, nerveux et jaunes! Nous signalons que nous avons les feuillets explicatifs et l’étiquette de prescription de chacun des médicaments.

Ils remballent nos sacs et les déposent dans le scanneur. Celui de Marie-Anne ressort sans problème. Le mien cependant montre une anomalie.

Il est rendu 6h15 du matin, nous n’avons pas encore eu droit à notre café.

Le douanier nous lance alors dans son anglais mâché;

«You have pot?»

«What? Pot? Of course not.»

«No, I mean you have a pot in your bag?»

«Si, si, yes, yes, it’s a pot which serves to boil water for our morning coffee…»

«OK, you’re good to go!»

Ouf… on a enfilé nos sacs, on est reparti lentement vers la sortie de l’aéroport. Nous n’avions plus besoin d’un café car nous étions très bien réveillés!!

Welcome to the United States of America!!

On doit ajouter que nous sommes heureux de transporter cette trousse mais que nous l’utilisons rarement. Nous avons aussi constaté qu’il est EXTRÊMEMENT facile de se procurer une grande majorité de ces médicaments dans les pharmacies de tous les pays que nous avons visités sans prescription. On peut même les acheter à l’unité et ce, à prix dérisoires. Bon voyage!!

Instructions et prescription
Instructions et prescription

Au pays du Sauveur…

Plus de trois milles morts par année… Dans ce petit pays de sept millions d’habitants, comme au Québec, plus de quinze milles d’entre eux sont morts au cours des cinq dernières années!? On va être franc, lorsque nous avons acheté nos billets d’avion en direction du Salvador, nous ne savions pas ça!?

Nous voyageons au sein de pays à risque depuis plus d’un an maintenant. Ça ne devrait donc pas nous intimider. Les racontars c’est une chose mais les chiffres ne mentent pas.

Gardes armés, vitres pare-balles et rencontres amicales
Gardes armés, vitres pare-balles et rencontres amicales

On a choisi le Salvador pour les raisons suivantes…

  • Les billets d’avion avec Spirit Airlines pour moins de 275$/personne aller-retour en étant raisonnables avec les bagages. Facile pour nous!
  • Le coût de la vie au Salvador… on maintient une moyenne de dépenses quotidiennes de 63$ pour deux personnes sur trente jours!
  • De plus, c’était l’un des deux pays d’Amérique Centrale que nous n’avions pas visité.

    Jus aux radis, café, villages de montagne et de pêcheurs
    Jus aux radis, café, villages de montagne et de pêcheurs

Évidemment, il ne faut pas être trop friand de luxe au Salvador. Les infrastructures touristiques sont limitées. On peut tout de même percevoir les efforts du ministère du tourisme pour nous attirer. Le circuit des ‘Pueblos vivos’, Ruta de Las Flores, Suchitoto en sont la preuve.

Charmante ville de Sushitoto
Charmante ville de Sushitoto

Toutefois, les douches à l’eau froide sont encore la norme, le transport en bus scolaire transformé littéralement (voir notre photo) en «chicken bus» est généralisé… Le choix de nourriture y est restreint. Il faut aimer les «pupusas», le plat national!

Chicken Bus...littéralement
Chicken Bus…littéralement

 

Pupusas et uva Tropical, un soda qui goûte le raisin et bière pour Martin
Pupusas et uva Tropical, un soda qui goûte le raisin et bière pour Martin

C’est une galette à base de farine de maïs ou de riz fourrées aux fèves et au fromage. Parfois on nous offre une farce composée d’un mélange de viande style «catchow». Non merci pour le «chicharron». Sinon, les «pupuserias», haut de gamme, en offrent farcis aux «jalapenos», à l’ail, aux crevettes séchées ou aux légumes… Alors, Martin préfère aux «jalapenos» et Marie-Anne aux légumes! On accompagne le tout avec un très bon et très sucré soda aux raisins… une fois par jour, c’est agréable.

Ceci dit, on a découvert un pays de gens chaleureux et accueillants pour les gringos comme nous. Ils nous surnomment affectueusement ainsi et ce n’est pas péjoratif. Les femmes affectionnent spécialement Martin allant même jusqu’à lui chatouiller les mamelons ou lui envoyer des becs volants au passage!?

Ils sont très pauvres, le coût de la vie est ridiculement bas. Ils coupent les cheveux pour 1.25$, vendent des sacs d’eau dans les bus à 15¢, des arachides pour 25¢… combien de profits peuvent-ils bien faire? On dit généralement qu’ils gagent 1$ de l’heure. Ça nous incite à consommer… même quand on n’en a pas vraiment besoin. On leur achète de tout!!

Achats à cora
Achats à cora

 

Paletas... délicieux "pop sicle" double fruits
Paletas… délicieux « pop sicle » double fruits

Ils reçoivent aussi beaucoup d’aide de chez nous. Que ce soit financière, via un organisme pour construction de maisons ou mise en place de jardin. Les vêtements usagers sont très populaires. C’est le paradis du «thrift shopper». On croise des casquettes de la Caisse Pop Ste-Colette ou des t-shirts de la Cage aux Sports!!??

On a découvert :

  • Le « cora » ou le 25¢. Tout se vend à 1, 2 ou 3 « coras » pas à 75¢ mais bien 3 coras! Une fois adapté, c’est un vrai plaisir d’acheter sur la rue ou dans les bus. Bonbon, peanuts, fruits, jus, chips, crème miracle et bien sûr la bénédiction d’un ‘preacher’ qui entre dans le bus et essaie de nous convaincre que la parole de dieu est la voie à suivre… Hilarant!
  • Les « chicken bus » avec un service extraordinaire (si on fait abstraction du confort). Ils partent quand c’est ‘ben’ plein. Il ne faut pas avoir peur de se coller! Sièges des bus à 2 et on se retrouve à 3 et souvent 4. Mais départs super fréquents pour visiter les micro-villages et vraiment pas cher.
  • Le café d’altitude. On avait un faible pour la Colombie et le Costa Rica mais on ajoute le Salvador dans la liste. Wow le café Bourbon!
  • Paysages de volcan. C’est un pays résilient qui a vécu la guerre, éruptions volcaniques et tremblement de terre… Hier on a eu droit à un tremblement de terre (4.2) et le volcan Chapparastique est en activité depuis un mois…
  • Villes désertes à 8h le soir. Héritage du régime militaire et du couvre-feu… ou des statistiques de mortalité.
  • Entrepreneurs inspirants. Oli et Mao du Québec qui sont propriétaire du El Dorado à El Zonte, Carlos qui a la Casa Verde à Santa Ana et Ana de Jo An’s Hostal à San Salvador. Des gens qui ont le sens des affaires et l’intuition en ce qui concerne les besoins des voyageurs. C’est d’ailleurs à El Zonte que nous rencontrons pour la première fois un membre de notre famille élargie, Ben le chum de ma cousine Aurélie.
    Ascension du volcan de Santa Ana et panorama du volcan Izalco
    Ascension du volcan de Santa Ana et panorama du volcan Izalco
    Ruines de Tazumal
    Ruines de Tazumal
    Salvador... pays de fervents catholiques
    Salvador… pays de fervents catholiques

    Repère de surfeurs, El Tunco
    Repère de surfeurs, El Tunco

Nous reprenons un vol vers la Floride ce soir d’où nous travaillerons sur la réalisation de notre film ‘De Montréal à Rio’, notre aventure en voiture. Nous prévoyons la sortie en salles à l’automne 2014.

PS : Le Sauveur en espagnol se dit; El Salvador!! 😉