Donnez-moi de l’oxygène!

La route de Medellin vers Popayan est toute une aventure. On roule sur la Panamerican. Une voie sans accotement… rien à voir avec notre perception d’une grande route qui traverse les Amériques! Il faut littéralement s’extirper avec patience de profondes vallées en parcourant d’innombrables virages en épingle. On doit suivre le trafic qui est constitué majoritairement de camions lourds pour atteindre lentement le sommet de la chaîne des Andes de l’ouest pour ensuite redescendre dans une autre vallée… Spectaculaire!

Popayan

C’est la ville blanche de Colombie. En effet, tous les bâtiments sont finis à la chaux blanche. Le coup d’œil est impressionnant et fort agréable. Le centre, à l’image de plusieurs zocalo, y est très animé et garni d’arbres pour l’ombrager de belle façon. C’est avec grand plaisir que nous y découvrons les menus du jour dans les nombreux petits restaurants de la ville. On commence avec un sancocho de gallina (soupe au poulet), suivi d’un papipollo (frites et poulet grillé) ou d’un octavo (huitième de poulet) accompagné de riz et salade, un jus de fruit frais et un jello pour terminer. Tout ça pour la modique somme de 2.50$!! Disons que ça nous laisse du lousse pour le gaz, les péages…

Après deux grandes villes, l’envie du grand air nous travaille alors on part à la conquête du volcan Puracé. Il faut quelques heures de route dans les montagnes pour atteindre la base qui se trouve à 3250 mètre. Le sommet quant à lui se trouve à 4750 mètres!!

Parc national volcan Puracé

En route, puisque les indications sont plutôt sommaires, nous arrêtons au Cabildo (hôtel de ville) de Purac. Un groupe d’hommes indigènes nous demande d’acheter un permis de passage à la communauté. De plus, ils nous suggèrent fortement de se prendre un guide pour l’ascension. Nous ne voulons pas d’ennuis alors nous engageons Nixon!

On nous informe qu’il est possible de camper dans une vieille mine désaffectée. Rendus sur les lieux, on se croit dans un film d’horreur et on décide donc de rebrousser chemin. On trouve finalement l’entrée OFFICIELLE du parc. On enclenche le 4X4 et au bout d’un chemin boueux qui nous brise l’exosto (tuyau d’échappement), on rejoint finalement la base du volcan. Le chef du parc nous accueille et nous annonce que notre permis ne vaut rien et qu’on devra payer un accès au parc national Puracé. Bref, on distribue notre fortune à la communauté!

C’est avec joie qu’on apprend qu’une cuisinière peut nous servir à souper… rien de moins que de la trucha (truite). C’est mieux que les biscuits soda et les sardines qu’on a prévu manger. On nous offre aussi une tasse d’agua panela!!! C’est de l’eau chaude avec du sucre de canne. C’est le breuvage parfait pour faire face au climat frisquet de la montagne.

On couche dans le SuzuCamp, heureux de ne pas être en tente. On a la chance de faire fonctionner le chauffage de la voiture une quinzaine de minutes avant de s’endormir pour enrayer l’humidité! Après une nuit froide, près du point de congélation, on se lève à 6h dans notre voiture très embuée.

On amorce l’ascension à 7h pour s’assurer d’en revenir avant la noirceur et l’orage quotidien de fin de journée. On marche à travers des pâturages de vaches laitières. Du lait à 4000m d’altitude! On traverse le paramo, un écosystème qui accumule de l’eau et la laisse s’écouler vers les vallées environnantes. On marche au son de l’eau qui descend!! C’est embrumé et boueux mais le panorama est vraiment superbe. Des sommets, des vallées, des nuages qui se pointent aussi rapidement qu’ils disparaissent, des lagunes qui remplissent le fond des vallées…

On est à bout de souffle et on avance très lentement. À partir de 4000 mètres, on a l’impression qu’on va y rester. Le cœur nous bat à un rythme très élevé au point qu’on s’arrête avec un sentiment d’inquiétude accroché au visage. Rendu à 4250 mètres, on aperçoit la cime du volcan! Quelques fumeroles laissent échapper une fumée jaunâtre. C’est le soufre qui est à l’origine de la fameuse mine…

On dirait qu’on fait du sur place. Malgré le petit répit d’une quinzaine de minutes pour grignoter et boire, on avance encore plus lentement. Le paysage est alors constitué seulement de roches volcaniques. Aucune végétation, le vent est présent, c’est frais, on garde notre veste polaire malgré l’effort. On s’arrête à tous les vingt pas pour prendre une photo… C’est le truc du jour pour reprendre notre souffle! Nous atteignons finalement le sommet et le regalo del dia est le ciel bleu (peu fréquent selon notre guide) qui nous attend pour immortaliser le moment!! Cinq heures d’effort pour finalement connaître la rareté de l’air et nous ne sommes qu’à 4750 mètres!

Revenu à la base, on soupe à la trucha vers 17h en compagnie de Colombiens qui sont heureux d’accueillir des touristes du Canada. Ils sont surpris de notre maîtrise de la langue espagnole et de notre connaissance du pays. On nous confirme que la police et l’armée possèdent deux stations de radio. Ils diffusent de la musique et bonifient leur image auprès de la population. 19h, on dort déjà… exténués de notre ascension!

San Agustin

Lundi matin, on reprend la route pour se rendre à San Agustin. Village difficilement accessible(5h de route de ‘garnotte’) mais dont il aurait été dommage de passer à côté. En effet, on y retrouve les vestiges archéologiques d’indigènes qui ont habité la région il y a plus de 1500 ans. Des statues sculptées dans la pierre montrant de longues incisives?? Fascinant!

Notre top 5

  •  Séjourner dans un camping très bien entretenu et partager quelques aventures avec les étudiants en foresterie de l’Université de Narino à Pasto.
  • Visiter le superbe parc archéologique où les oiseaux, papillons et sentiers sont un bonus aux monuments fascinants et bien aménagés/conservés.
  • Rencontrer Humberto… un guide qui nous donne un bon coup de main pour trouver notre camping, acheter du bois pour se faire un feu, trouver un mécanicien… un bon jack comme on dirait chez nous.
  • Faire réparer la direction du SuzuCamp… Elle faisait un bruit depuis notre départ mais la pensée de se taper la trampolina de la muerte (route entre San Agustin et Pasto) avec une direction qui pourrait nous laisser tomber nous rend nerveux. Finalement, c’est une réparation Colombienne! Malgré que les roues avant soient droites, le volant est tourné d’un quart de tour vers la droite… La vision du tableau de bord est obstruée partiellement… petit détail…
  • On a pris la décision exécutive de faire un petit détour et prendre la route la plus achalandée et abondamment protégée par l’armée!! Au lieu d’emprunter la route de terre à une voie qui a également le privilège d’être la proie des ‘guérillas comun’. Ce ne sont pas les FARC… on n’a pas à craindre de se faire kidnapper. Ce sont plutôt des bandits armés jusqu’aux dents qui vous volent tout et vous laisse sur le bord de la route.

Pasto

Après une journée de dix heures en voiture, nous nous arrêtons pour dormir à Pasto dans un« auto-motel ». Ça fait longtemps qu’on veut en essayer un. On sait un peu dans quoi on s’embarque car on voit ce genre d’hôtel depuis le Panama. Habituellement, on trouve des noms du genre : tu y yo, mi corazon, el gran placer, El punto G, etc. Ce sont des motels qui sont visités habituellement durant le jour et pour quelques heures seulement!  Voici notre top 5

  •  Stationner la voiture dans le garage aménagé sous notre chambre! À l’abris des regards indiscrets!! Tellement pratique pour nous! En plus, ça permet de faire toute une corde à linge!
  • Ne pas avoir à montrer son passeport, pas besoin de s’identifier… ni vu, ni connu…service express! On entre dans le garage et la porte se referme aussitôt derrière nous! Hasta manana!
  • Avoir une grande douche (chaude!) pour deux personnes… parfaite pour faire le lavage! On a même une vue sur le lit et la télévision. Et vice versa, une vue de la douche à partir du lit!!!!! Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…Miroir au plafond et lit TRÈS dur pour grande performance! Hi!Hi! Champagne et condoms dans le mini-bar
  • Vivre une expérience inusitée et se faire« guider » par un gentil gardien qui essait nous faire comprendre que de genre d’hôtel n’est pas exactement fait pour nous (normalement, maîtresse ou prostituée…d’où le but d’autant de d’intimité avec l’auto). Retourner à l’hotel après le souper (sans avoir fait le check-in) pour ne pas avoir à payer le double du prix de la chambre car on veut vraiment dormir toute la nuit. Pas seulement une sieste! Tarif : 30$ pour 8h et ensuite 3$/heure!
  •  Se faire embarrer dans la bâtisse… on n’a pas de clef et on doit appeler pour faire ouvrir la porte et quitter??!!

On se lève à 5h, un petit café et on part à 6h. On a été là seulement durant dix heures, 36$.

Ipiales

On prend alors la route pour Ipiales. C’est la dernière ville en Colombie avant de traverser en Équateur. Il ne nous reste qu’une journée pour sortir du pays car le visa du SuzuCamp se termine dans 24 heures!

On s’y arrête pour visiter le sanctuaire de Las Jalas. C’est vraiment un site à visiter. Le lieu est unique. Surtout que ce santuaire a été érigée au fond d’une vallée très profonde à même le roc. On y trouve aussi une centrale hydroélectrique car un rio y coule !

Une infinité de faveurs et de miracles y auraient été exhaussés suite à des pèlerinages comme en font foi les nombreuses plaques commémoratives qui ornent les rochers sur lesquels la cathédrale est bâtie!! Impressionnant!

 

 

 

Au pays de Pablo Escobar, Botero et Juan Valdez

En sortant de la Ciudad Perdida, on roule pendant 4h et on couche une nuit à Cartagene. On s’installe dans un stationnement public à côté du port de plaisance. Il fait très chaud et l’idée de laisser les fenêtres du camion rabaissées nous fait peur.  Debout vers 6h après une nuit qu’on ne pourrait pas qualifier de reposante, les colombiens qui travaillent à proximité, nous sourient en réalisant que nous avons dormi dans notre bolide.

Notre camping à Cartagène
Notre camping à Cartagène

La mer…

On fonce vers Tolu, une ville qui se trouve sur le bord de l’Atlantique. C’est une station vacances pour les Colombiens. On s’y déplace facilement à l’aide de taxi-vélo! Le centre est très animé et le malecon en bord de mer est en rénovation. C’est de là qu’on peut partir en lancha pour rejoindre un archipel dont une des îles possède la plus haute densité de population au monde. De plus, on peut y voir des coraux.

Le camping est situé à une extrémité du malecon. Les plages se succèdent et sont séparées par des jetés de pierres qui protègent le rivage de l’érosion. On y vend bien sûr beaucoup de ceviche.  Les vendeurs de toutes sortes passent au camping pour nous offrir leurs fruits, légumes et des langoustines fraîches du matin!! On se paye la traite aux fruits de mer… un délice!

 

La ville…

Après quelques jours de repos au son des vagues et de la musique caribéenne, on  reprend la route pour se rendre à Medellin. Ancien château fort du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar mais aussi du non moins célèbre artiste, Botero. On est maintenant dans les Andes de l’ouest. Nous allons d’ailleurs y circuler durant les deux prochains mois!!

Je te tiens, par la barbichette...
Je te tiens, par la barbichette…

Cette ville se situe dans d’une vallée longue d’environ soixante kilomètres. Les quartiers s’étirent du fond de celle-ci vers les sommets bordant l’est et l’ouest de cette grande ville. Il y a plus de trois millions de personnes ici… Beaucoup de trafic, des motos de petites cylindrées, beaucoup de bus, un metro de surface, le seul en Colombie, qui va du nord au sud le long du Rio Medellin!! La pollution est visible à l’œil.

Pablo Escobar par Botero
Pablo Escobar par Botero

Il est facile de s’y déplacer! Ils ont relié à ce metro un réseau de téléphériques et de bus qui mènent dans les hauteurs de Medellin. C’est le moyen qu’ils ont trouvé pour permettre un accès facile au centre pour les gens qui habitent les quartiers défavorisés.

La vue du haut de ce téléphérique sur la vallée est vraiment magnifique. Un de ces téléphériques donne accès à un grand parc situé aux sommets des montagnes. On peut y camper, pique-niquer… des sentiers ont été aménagés, une surveillance policière à cheval y est présente… On se retrouve alors dans un autre écosystème. Il y a beaucoup de pins, bref au sommet des montagnes, c’est pas mal plus frais!! On peut en redescendre par téléphérique ou par bus. Le bus est évidemment une attraction de par la route empruntée qui est en lacet et vraiment étroite… Ben le fun!!!

 

Vue de Medellin
Vue de Medellin

À ne pas manquer à Medellin, c’est le musée d’Antiquoia qui abrite plus d’une centaine d’œuvres de Botero. On peut y voir des sculptures, des peintures et même quelques tableaux montrant Pablo Escobar criblé de balles!

Le café…

Un arriero...transporteur de café
Un arriero…transporteur de café

 

Après quelques jours en ville, on reprend la route pour se rendre dans la région du café. Vous savez, le café de Juan Valdez, et bien c’est ici qu’on en produit le plus en Colombie. On s’arrête alors à Salento qui est un fort joli village. En effet, toutes les portes et fenêtres des résidences sont peintes à l’aide de couleurs vives.

On s’installe dans une petite auberge qui possède sa finca de café. On a alors la chance d’effectuer une visite guidée de cette ferme en ‘espagnol’!! Le gérant nous explique comment sa plantation est bio. Qu’il utilise un pesticide naturel qu’il fabrique lui-même à l’aide d’ail, de piment, de tabac, de mélasse, d’eau, de lait, sucre de canne et de la merde de vache!!!

À travers les plants de café, on retrouve des orangers, bananiers, plantains, pêchers, mûriers, eucalyptus… qui procurent un peu d’ombre aux caféiers. Bref, il est à réorganiser la terre à flanc de montagne en seize parcelles pour en laisser reposer quelques-unes à tous les ans. Vraiment intéressant!

Le clou de la visite est de faire griller les grains de café dans un chaudron sur un poêle au gaz. Ensuite, on moût les grains avant de les percoler à l’eau chaude pour en recueillir un café d’une saveur inégalable!!! Cette tasse de café plus pure que pure nous a empêchés de dormir mais ce fut un faible prix à payer!!!!!

Les paysages du café tout en montagnes et vallées se trouve entre 1000m et 2000m d’altitude. Température parfaite pour profiter des journées chaudes mais on doit tout de même porter un pyjama car les nuits sont fraîches et humide…

Voici donc un exemple parfait de ce qu’on aime particulièrement de la Colombie. En une semaine, on passe de la Sierra Nevada à la mer, à une ville vibrante,  au café en passant par une autre chaîne de montagnes, les Andes… Vive la diversité!!!

Vue de la vallée
Vue de la vallée

En terminant, il ne nous reste que 900km à faire avant d’atteindre la frontière de l’Équateur!! Sachant qu’on roule à environ 50 km, il nous faudra près de 20 heures de route pour sortir de la Colombie. On devra dépasser au bas mot, 250 camions de marchandises, soit un au 5 minutes. On roulera en cinquième vitesse qu’environ 10% du temps… de bien beaux problèmes!!!!!

Marcher 43 km dans jungle colombienne

Après avoir fait un saut de plus d’un mois en Argentine et au Chili, nous avons repris la route en Colombie. Nous nous sommes rendus à la Ciudad Perdida (Cité Perdue) dans le nord-est du pays au cœur de la chaîne de montagnes appelée, Sierra Nevada!!!

Nous avons alors entrepris un trek de cinq jours dans la jungle qui mène à cette cité perdue. La découverte de celle-ci date de 1972. Les indiens Tairona y vivaient il y a plus de 1200 ans. Aujourd’hui ce sont des indiens Arhuaco et Koguis qui occupent ce territoire.

Les Marianna!
Les Marianna!

 

Notre groupe est dirigé par deux guides Colombiens, Wilson et Melky. Deux Allemandes ainsi qu’un gars et une fille d’Australie nous accompagnent.

Notre périple dans la jungle est des plus plaisant. Pas de moustiques?! On nous a tellement fait peur. On se baigne dans la rivière Buritaca au quotidien, les trois campements sont très bien organisés, bref, c’est une entreprise qui est bien rodée que celle de la marche vers la Ciudad Perdida.

Baignade quotidienne
Baignade quotidienne

La cuisine se fait sur feu de bois dans ces campements. On a même eu droit à un chaudron de popcorn par un après-midi de repos!! Un seul campement possède l’électricité, grâce à une dynamo qui se situe 80 mètres plus bas que la prise d’eau qui elle se trouve au sommet de la falaise voisine. Évidemment, la noirceur qui se pointe vers 19h fait qu’on se couche très tôt et lorsqu’on on se lève vers 6h le café est déjà prêt!!!!

Popcorn sur feu de bois!
Popcorn sur feu de bois!

Le sentier nous oblige à traverser ‘les pieds dans l’eau’ une rivière à plusieurs reprises. Il y a d’ailleurs une traversée qui se fait maintenant sur un pont nouvellement installé car une noyade s’est produite l’année dernière. Un groupe voulant accélérer leur trajet a décidé de traverser à pied au lieu d’utiliser le chariot attaché à un câble au-dessus de la rivière… un français du groupe fut emporté par le courant.

L'une de douzaines de traversées du rio
L’une de douzaines de traversées du rio
Pont qui augmente la sécurité des marcheurs
Pont qui augmente la sécurité des marcheurs

 

Au passage, on a droit à quelques explications sur la culture de la coca qui est maintenant « terminée » depuis plus de vingt ans dans cette région de la Sierra Nevada. D’ailleurs, des militaires gardent encore l’accès au sentier ainsi que le site archéologique.

La flore est vraiment dense et verte à souhait. Le milieu plutôt humide est fort propice pour donner vie à toutes sortes de plantes et d’arbres mais très peu de fleur, sauf des oiseaux du paradis!! Des bananes, beaucoup d’oiseaux, des papillons, des poissons dans la rivière qui nous chatouillent en nous mordillant!! Et pas mal de sueur pour nous!

Les paysans y élèvent du bétail et par le fait même pratiquent des coupes d’arbres massives en flanc de montagnes pour laisser paître leurs animaux. À première vue, c’est un peu désolant. En y réfléchissant, ce sont des troupeaux de 20-25 têtes qui ne fournissent en lait et fromage que les quelques habitants de la région. Rien comme les exploitations nord-américaines…

Un autre facteur à considérer est le fait que le milieu chaud et humide ambiant est très propice à faire pousser n’importe quoi et ce très rapidement. Alors, le jour qu’on décide d’arrêter l’élevage, la forêt reprendra ses droits à la vitesse de l’éclair.

On a aussi rencontré les indiens du coin, des Koguis. Plutôt malheureux. Ils portent une toge blanche coupée aux genoux. Les femmes et les jeunes filles sont nu pied, les hommes et les garçons portent des bottes de caoutchouc. Les femmes sont à la hutte et les hommes transportent des sacs à dos plein de marchandises pour les campements longeant le sentier vers la Ciudad Perdida. Ils vivent de bananes ou plantains, de poulet et cochons… et des cuisines des campements.

Cheese!
Cheese!

En effet, au moment des repas, se pointent toujours quelques indiens qui mangent les restants des touristes qui font le trek. Pourtant, ils tissent encore des sacs mais ils n’en vendent pas? Paraît-il qu’ils reçoivent 5% des recettes des cinq entreprises de trek qui ont le droit de passer sur leurs terres. On a quand même pu faire quelques photos d’eux et on leur en a fait imprimer des copies.

Le site de la Ciudad Perdita est composé de plus de cent cinquante terrasses rondes qui sont reliées par des escaliers de roches plates. L’accès à ces plateaux passe par une ascension de 1200 escaliers! Goutte de sueur au bout du nez assuré pour environ une heure!!

Petite pause lors de la montée de 1200 marches
Petite pause lors de la montée de 1200 marches

Ces terrasses sont plutôt des promontoires de pierres qui ont l’allure d’une scène qu’on peut admirer de bas en haut. À l’époque, des huttes étaient posées sur ces terrasses.

Terrasses de la Cité Perdue
Terrasses de la Cité Perdue

Évidemment, les écrits relatant l’époque des Tayronas sont plutôt rares. On a pu y voir une grosse pierre gravée qui, selon les archéologues, serait une carte géographique de la région en 800 après JC.

Chose certaine, ils ont déplacé des milliers sinon des millions de pierres pour construire cette cité. Évidemment, ce travail fut fait en montagnes. Les efforts pour y arriver ont dû être colossaux. Par exemple, nous n’avions qu’à marcher avec notre petit sac à dos quelques heures par jour et on était exténué en arrivant au campement, imaginez eux.

Cité perdue
Cité perdue

Anecdote; les hommes indiens et seulement les hommes indiens ont le droit d’utiliser le Poporo. Le poporo est une calebasse contenant de la chaux servant à mastiquer de la feuille de coca. Les guides nous ont expliqué que la consommation à petite dose leur permet de transporter plus facilement les sacs de marchandises!? Genre que ça améliore la performance… bref, les hommes ont toujours l’air un peu ailleurs!!!! Ils ont toujours à la main leur foutu contenant et la joue un peu gonflée de feuilles de coca. Ces indiens ont le droit d’avoir un arbre à feuilles de coca par famille.

Cette marche d’un peu moins de 50km dans la jungle colombienne nous a permis de comprendre comment la vie en montagnes peut être difficile. On ne peut rien faire avant d’avoir marché quelques heures. Heureusement que le sentier est plutôt unique. C’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul sentier… Les chances de s’y perdre sont minces.

En terminant, un de nos deux guides, Melky, a eu l’opportunité de cueillir des feuilles de coca pendant plusieurs années pour les narcotrafiquants. Il fut cueilleur et coupeur de mauvaises herbes. Il a avoué que la rétribution pour ce travail était très intéressante. Depuis l’éradication de cette culture, il traie des vaches, cueille des fruits et des légumes ‘légaux’, guide des groupes et s’occupe de ses cinq enfants!!!!

Arbre à coca
Arbre à coca

Viva Colombia!

PS : J’ai malheureusement ramené quatre tiques de cette jungle. Elles ont sucé mon sang et j’en ai eu pour trois semaines à me débarrasser des petites ecchymoses sur mon corps. Mieux que d’être croqué par un tigre mais ça pique en s’il-vous-plaît…

Tiques...cadeau de la jungle!
Tiques…cadeau de la jungle!

La Grande Traversée : Rosario, Cordoba , Mendoza, les Andes et Santiago

Quitter Buenos Aires n’est pas une simple tâche. La ville est si agréable et surprenante qu’il  faut se faire violence pour reprendre notre sac à dos et s’acheter un billet de bus qui mène à Rosario. On la quitte à regret mais avec une envie de voir autres choses…

Au fait, notre itinéraire va comme suit; C’est une traversée d’est en ouest. On commence par Rosario, on se rendra ensuite à Cordoba pour aboutir à Mendoza d’où nous partirons pour traverser les Andes et se retrouver à Santiago au Chili. Un beau projet qui nous permet de traverser l’Amérique du Sud de l’Atlantique au Pacifique!!

Au passage, on en profite pour vivre dehors. C’est-à-dire que nous faisons du camping. On profite du début de l’automne austral pour être en contact avec la nature de l’Argentine. On peut se faire des feux pour cuisiner et déguster steaks et vin Argentin au quotidien!!! Un bien beau plan… lorsqu’il ne pleut pas!!

Qui dit automne, dit pluie. Et bien, la maxime fut respectée! On a eu droit à un épisode de pluie à Rosario, un à Cordoba et une couple à Mendoza. Notre tente et la bâche qui la recouvre ont fait le travail. On a dormi au sec tout au long de ces dix-huit nuits de camping.

Évidemment, on dort avec nos manteaux, nos bas et notre tuque (parisienne pour Martin) car les nuits sont fraîches, entre 5 et 10 degrés! On n’a jamais pensé que nous allions faire face à ce genre de température. On est content de pouvoir utiliser notre sac de couchage commercial! Vous savez lorsqu’on couche à deux dans le même !!

Notre instalation à Rosario avec notre chien de garde
Notre instalation à Rosario avec notre chien de garde

Top 5 : Rosario

  1. Avoir un ami/gardien de sécurité chien à notre camping municipal
  2. Avoir un bus « expresso » qui relie la ville de Rosario et notre banlieue où l’on campe
  3. Découvrir une façon de cuisiner minimaliste : parilla sur tôle ondulée et assiettes d’écorce commanditées par Alcan…
  4. Découvrir les boulevards grandioses même si Rosario est une ville relativement petite… et se balader sur les nombreuses rues piétonnes
  5. Monument à la bandera(drapeau) Argentin, ville natale du fameux joueur de foot Lionel Messi et de Ché Guevara

Poche : Aller à la tour de la bandera, jour après jour, pour se faire dire que demain matin l’observatoire sera ré-ouvert!

Superbe grand magasin Falabella
Superbe grand magasin Falabella

Top 5 : Cordoba

  1. Feria artisanale internationale… immense Salon des Métiers d’Arts au 1/10 du prix. On a même eu un billet d’entrée moins cher que les locaux étant donné qu’on était des étrangers! C’était bien la première fois que ça nous arrivait…normalement on doit payer un suplément.
  2. La place Bon Pasteur et l’ambiance d’étudiants sur le party… il y a 7 universités à Cordoba. Le grand héritage Jésuite avec ses églises, cryptes, universités et ses rues piétonnes…
  3. Vivre de soir… oui, oui, vous avez bien lu, on a vécu de soir : typiquement on soupe à 21h et on se couche vers 1h am.   Il faut comprendre que si l’on mange à Cordoba, c’est minimum une sortie du resto à 22h… après, pour se rendre à notre camping en banlieue de la ville, on attend le bus une trentaine de minutes, une heure de trajet et ensuite un autre 40 minutes de marche. On a beau vouloir se coucher tôt…À quelques jours de notre départ, on découvre finalement un resto près de notre camping. Il sert aussi de dépanneur. Ils sont bêtes au début mais on finit par les apprivoiser. On mange de très bonnes pâtes et on boit du vin au prix de l’épicerie à seulement vingt minutes de marche de notre tente!
  4. Visiter Alta Gracia, banlieue de Cordoba avec son héritage jésuite et la maison d’enfance du Che… en apprendre plus sur lui, en tant que fils de famille fortunée, souffrant d’asthme, de grand voyageur, d’homme marié/divorcé/père de 5 enfants avec 2 femmes différentes et utilisant de faux passeport pour aller faire la révolution en Afrique et en Bolivie (après Cuba!).
  5. Visiter le musée à la mémoire des quelques 30 000 disparus suite au coup d’état de 1976. Malheureusement, à cette époque les dirigeants ont décidé de faire disparaître tous les indésirables. C’est-à-dire, les leaders de mouvement à tendance socialiste, communiste… et leurs supporteurs. De là, l’existence des Mères de la place de Mai.

    Nos amis les chiens!
    Nos amis les chiens!

Poche : La quantité de chiens au camping…dont une femelle qui vient d’accoucher de bébés mais qui a une infection à l’oreille. Odeur infernale. Elle se cache dans les douches. Je ne peux pratiquement pas me laver. J’ai le cœur qui me lève. Finalement, le jour de notre départ, ils appellent un « vétérinaire » qui viendra lui faire une opération.

ah les Jésuites...
ah les Jésuites…

Top 5 : Mendoza

  1. Se payer le luxe d’une excursion en haute montagne : WOW! Villavicencio, Uspalatta, Cerro de los siete colores, Puente de l’Inca, l’Aconcagua, Le Christo Redendor, les neiges éternelles…
    Le Puente del Inca
    Le Puente del Inca

  2. Les 5 grands squares de la ville délimitant son centre.
  3. Les arbres matures qui couvrent d’ombre les rues de la ville.
  4. La ville qui était un désert est complètement irriguée par un système de canaux ingénieux.
  5. Visite de deux vignobles et d’une oliveraie : Une autre belle leçon d’espagnol!!!
    Bodega Lopez
    Bodega Lopez

Poche : Notre camping… il a un beau potentiel mais les dirigeants sont constamment assis à boire du maté. Gardien de nuit absent, la clôture est fermée à notre retour vers 22h?? Alors on doit faire une cascade pour entrer. Les bus qui passent devant nous sans arrêter à l’entrée du camping. Les employés du camping ne connaissent pas les horaires de bus. Les chauffeurs qui ne font rien pour nous aider même si on les questionne (quel bus prendre, où attendre etc.) Finalement, la cerise sur le sundae! Durant notre dernière nuit, on se fait réveiller vers 4h car on croit entendre un coup de feu. Quelques instants plus tard, notre tente est accrochée au passage par quelque chose qui court très vite. On est totalement sous le choc… On sort en criant avec nos bâtons et poivre de cayenne… Deux piquets sont arrachés du sol.

Le gardien nous annonce alors qu’il y a eu un meurtre dans le parc??!! Un meutre dans le parc! Super le fun!! La police qui patrouille sans cesse autour du camping n’est pas trop rassurante. On fait allumer les lumières du terrain. Nous espérons que c’est un des chiens du camping qui a accroché notre tente en pleine nuit et non un meurtrier qui s’échappe.

Disons qu’on n’a pas vraiment dormi.  On ne peut s’empêcher de penser que c’est un des meutriers en cavale qui a accroché la tente en tentant d’échapper à la police. On n’a jamais eu aussi peur de notre vie et jamais aussi été heureux d’avoir deux billets de bus pour le Chili le lendemain matin à 9h!!!

Meutre près de notre site de camping...super le fun!
Meutre près de notre site de camping…super le fun!

Don’t cry for me Argentina y Hasta Luego…

Quant au trajet Mendoza-Santiago, on est obligé de le faire de jour. En effet, la route des Andes va vers le Chili de jour et vers l’Argentine durant la nuit. Évidemment, les douaniers Chiliens procèdent à une inspection complète du bus, des bagages, des passagers… bref, trois heures plus tard on emprunte la route composée de 26 épingles pour rejoindre le fond de la vallée qui nous mène enfin à Santiago!! 10 heures de route PANORAMIQUE!! WOW!!!

Top 5 : Santiago

  1. Le musée à la mémoire des disparus sous le régime de Pinochet. Émouvant.
  2. Les cerros Santa Cristobal et Lucia qui offrent une vue de la ville et des Andes à couper le souffle.
  3. Le mote con huesillo, breuvage aux pêches agrémenté de grains de blé germés. Rafraîchissant et nourrissant!!
  4. Les rues piétonnes et le parc qui s’étire tout au long du fleuve Mapocho
  5. Les cafés Haïti; les Hooters du café… de jeunes femmes vêtues de robes courtes, talons hauts et collants vous servent un café savoureux au comptoir!!! Évidemment, les hommes y sont en grande majorité…

Poche : Le smog de Santiago est tellement présent qu’il prend directement aux yeux??? En fin de journée, les yeux nous rougissent et on ne voit plus les Andes à l’horizon. On ne voit les Andes que durant la matinée…

Smog de Santiago!
Smog de Santiago!

 

Au sommet du Cerro San Cristobal avec une vue sur la ville de Santiago
Au sommet du Cerro San Cristobal avec une vue sur la ville de Santiago

Buenos Aires…l’Europe en Amérique du sud et le blue!

Top 5 : Marvilloso a Buenos Aires

  1. Marcher sur les grandes avenues à admirer l’architecture et les monuments. On se croirait en Europe.
  2. Visiter le Teatro Colon et avoir la chance d’assister à une répétition. On a droit à une pièce complète jouée par l’orchestre philarmonique de Buenos Aires. C’était beau…quasi irréelle d’être dans la loge centrale de ce théâtre grandiose avec plus de musiciens que de spectateurs.
  3. Flâner dans le quartier Palermo…c’est leur coin branché style Outremont. Déambuler dans le Madero, qui ressemble (un peu plus hot quand même) à notre canal Lachine. Se balader en bateau-taxi à Tigre, une ville avec des quartiers résidentiels bâtis à même les bras de terre du Delta  (un genre de Venise…en campagne).
  4. Se déplacer avec le bus de la ville… une fois qu’on a compris comment la bible des trajets fonctionne, on peut aller n’importe où sans attendre car il passe un bus aux minutes!
  5. Cafe y medialunas : Une habitude bien ancrée dans la vie des Argentins est de prendre un café et deux mini-croissants. On sert généralement un verre de jus d’orange ou d’eau gazéifiée avec ce duo. Ça se consomme tout au long de la journée. Vers 16h, on voit très bien que plusieurs clients viennent de terminer leur sieste. Ça permets de patienter jusqu’au souper qui aura lieu vers 22h. Certains préfèrent les tostados. Ça peut soit être une version de notre « grilled cheese » à trois tranches de pain très mince parfois avec jambon. D’autres préfère étendre du dulce de leche, un genre de caramel qui goûte un peu le sucre à la crème. C’est un peu comme s’ils déjeunaient deux fois par jour!

 

Top 10 surprenant (on ne pouvait pas réduire à 5)

  1. Buenos Aires a 7 équipes de soccer!
  2. Au guichet, on ne peut que retirer l’équivalent de 200$ avec des frais de 4$. Le taux de change officiel pour le peso argentin est 5,15$ US. Le blue est bien différent. C’est le taux de change du marché noir. Il est même publicisé dans les journaux!  C’est le taux qu’on peut avoir en visitant les bureaux illicites (ou certains dépanneurs, restos, pharmacies etc.). On se fait solliciter constamment sur la rue. Le hic, ça prend des dollars américains dans ses poches. Merci à Bernard et Louise de nous avoir vendu leurs billets verts sinon, il est impossible de s’en procurer. Ce n’est pas compliqué, à notre arrivée, on pouvait avoir 7 pesos pour 1$… quelque semaines plus tard, on a eu 8,10!! Certains économistes prévoient même qu’il se rende à 12 d’ici la fin de l’année. Les Argentins ont une économie très contrôlée… et le ministère des finances (aussi connu sous le nom de ministère des dépenses) trouve des façons farfelues de « gérer » la valeur de leur devise. Entre autre, les entreprises doivent avoir une balance équilibrée… autant d’imports que d’exports. Si ton entreprise fabrique des tracteurs et que tu dois importer des pièces, tu devras exporter quelque chose, comme par exemple, des crevettes!! Ce n’est pas très bon pour la compétitivité des entreprises!
  3. Ils passent leurs files de câble à l’extérieur des édifices. Ça fait des méchants spaghettis.
  4. L’artisanat : leurs marchés sont superbes. Il y en a beaucoup et ce qu’ils font est vraiment beau et original. C’est notre salon des métiers d’arts à longueur d’année…en plein air et, au quart du prix.
  5. La culture du polo est très présente. Ça va certainement avec l’importance qu’est donnée aux classes en Argentine et la très grande différence entre la richesse des uns et la pauvreté des autres.
  6. Le nombre exagéré d’employés dans les boutiques… Ça déborde et ce n’est vraiment pas efficace. La pause est très à la mode. C’est aussi le cas pour les employés municipaux, les services de transport etc.
  7. Les restos se remplissent à 11h le soir.
  8. La vente d’articles de luxe usagés: montres, bijoux, meubles, lustres, argenterie etc. Ils ont été riches, plusieurs ne travaillent pas et se sont tellement fait dévaluer leur fortune (de plus de 40% du jour au lendemain en 2001), qu’ils doivent vendent l’héritage familial.
  9. Le maté, c’est un genre de thé amer. C’est la boisson nationale! Ça se boit dans une calebasse (courge séchée) avec une bombilla (paille /filtre d’inox). La particularité c’est qu’on doit le préparer constamment. Donc, il faut aussi transporter le thermos d’eau chaude et sans cesse verser de l’eau, pratiquement gorgée par gorgée.
  10. L’horaire typique de l’Argentin : Il se lève vers 7h car il travaille à 8h ou 9h. Vers 13h, il va luncher et ira faire la sieste vers 15h. Évidemment, tout est fermé entre 13h et 16h. Vers 17h, il repart au travail et termine vers 20h pour aller souper vers 22h.  D’autres ont la chance de se retrouver, à toutes heures du jour, entre amis dans un parc pour le maté. Des vendeurs itinérants vont à travers les attroupements pour offrir du gâteau, de la tarte, des biscuits faits maison. C’est l’économie au noir.

Top 5 Ordinario

  1. Les Argentins sont gentils en général mais si tu ne demandes pas, tu n’auras pas. Ils ne font pas « l’extra mile ». Nous avons eu, à plusieurs reprises, de mauvaises expériences dans les bureaux de tourisme.
  2. Il y a des files partout et les gens semblent être résignés. Ils attentent en ligne pour payer leurs factures car ils ne mettent pas leur argent à la banque. Ils peuvent ainsi éviter les règlements de retraits. Il n’est pas intéressant d’épargner car l’inflation est trop importante.
  3. Les piétons n’ont pas priorité : JAMAIS. Même quand la lumière est verte, on doit attendre qu’il n’y ait plus de voiture. Les chauffeurs, surtout ceux de bus, semblent prendre plaisir à chasser les piétons de la rue.
  4. C’est difficile de dormir à BA. Il y a beaucoup d’action le soir (nuit!). Ils ont la mauvaise habitude de casser leurs bouteilles de bière dans la rue. Vive nos canettes!
  5. Les écarts importants de richesse…Il y a beaucoup de monde qui dors dans les pars. Ça semble être autorisé ou toléré. Ils ont aussi une gestion déficiente des déchets. Les robineux (et il y en a en masse!) vident les conteneurs pour retirer bouffe mais surtout carton et autres items recyclable ou même réutilisables. On voit souvent des gens vendre toutes sortes d’objets usagés sur le trottoir.

Vie de crucero!

Dès notre arrivée au port d’embarquement, on nous met au pas…ou à la file. Deux heures d’attente pour l’embarquement. Ce sera le thème de fond de cette odyssée de 13 jours.

Voici notre itinéraire représenté sur la carte :

L'itinéraire de notre croisière
L’itinéraire de notre croisière

Top 5 : Agréable en croisière

  • Couvrir plus de 8000km de territoire en 13 jours sans avoir à se soucier de la route, des douanes, des trous, de la police…ou de se trouver de l’hébergement, un resto ou de l’essence. C’est la GRANDE GRANDE vie. On se réveille le matin et on a fait près de 300 km!
  • Aller à la Thalasso tous les jours : On a pris cet extra par crainte d’avoir à se battre pour des chaises à l’extérieur à la piscine. On ne savait pas jusqu’à quel point on faisait une bonne affaire car la seule journée possible pour se baigner était celle à notre départ… y faisait trop frette pour rester à l’extérieur.
  • Se faire servir le café et les fruits à la chambre en guise de réveille-matin. La liberté et le luxe de manger ce qu’on veut…quand on veut! Petit cornets de crème glacée, bouffe indienne, wok et table privée au souper.
  • Retourner à l’entraînement dans un gym full equipped! Ça fait changement car il faut oublier la course. La piste de « marche » sur le pont mesure 150m! Il faut faire 7 tours pour faire 1km et il vente à écorner un bœuf! Et pour les tapis roulant au gym…il faut faire LA FILE en plus de gérer la houle. Vivement l’elliptique!
  • Avoir une foule de divertissements disponibles : films « en plein air »  avec couvertures et popcorn, casino, spectacles, bingo, encans d’art, danse (on regarde et on est impressionnés des asiatiques qui savent très bien danser.)

Top 5 : « bof »

  • La file, la file et encore la file… spécialement pour sortir et entrer du bateau, mais aussi au service à la clientèle, au buffet…
  • Durant notre croisière, quatre personnes sont mortes sur le bateau. Rien pour faire le 24 hours Mystery… avec une population d’âge moyen de 70 ans, on imagine que c’est normal. Crise cardiaque pour la plupart.
  • La télé sur le bateau était nulle! On n’avait que des postes de nouvelles américains. On s’est « passioné » pour l’histoire de Jody Arias. Il n’y avait rien que ça. Même le film gratuit se répétait aux 2 jours. OUF. Tout pour qu’on achète les films du « pay per view ».
  • En 4e et 5e position: Les retards…et les temps très limités de visite lors des arrêts. Typiquement, nous arrivions à notre destination une heure en retard…puis c’est le processus de désembarquement. On a deux situations, soit on est au quai, soit on doit utiliser les ‘tenders’ (bateaux de sauvetage). Habituellement les quais sont moins pénibles, à moins que, comme à Buenos Aires, qu’on doive prendre une navette pour sortir du port.  Pour les ‘tenders’, il faut se lever à 5h30 am et faire la file pour avoir un « sticker » numéroté avec le ‘tender’ qui nous est attitré. Bien sûr, il se peut qu’on attende 1h30 même si on a le sticker #2… les gens qui ont des excursions achetées via la croisière ont priorité sur tout le monde et les VIP (ceux qui voyagent souvent avec Carnival) aussi! On réussit alors à sortir à 9h  et l’heure de retour sur le bateau est 16h! Ça ne fait pas long de temps libre. Et là, quand on attend depuis une heure pour revenir sur le bateau…on voit finalement les bus d’excursions arriver! FRUSTRANT.

Notre premier arrêt est à Puerto Montt au Chili.  Il pleut mais ça importe peu car on est en excellente compagnie. C’est l’Anniversaire de Mariage de Louise et Bernard! 40 ans!! Ils sont venus nous rejoindre de l’Argentine pour célébrer.

Nous passons ensuite par le Détroit de Magellan… comme une croisière dans les fjords du Saguenay. Le bateau s’insère entre les montagnes rocheuses qui bordent ce bras de mer… Spectaculaire!

Punta Arenas et les Pingouins! Belle ville. Plusieurs banques…riches éleveurs de moutons. On a la chance de visiter une aire protégée où les pingouins de Magellan mettent bas. Toujours impressionnant de voir ce genre d’oiseau qui nage mieux qu’il marche et certainement mieux qu’il vole!! Il se cache dans des terriers comme nos siffleux?! Évidemment, ils retournent à la mer pour s’alimenter.

Le canal de Beagle ou canal de Darwin… on y voit des glaciers. On navigue dans des couloirs très serrés et on aperçoit ces jetées de glace qui semblent déborder de la montagne. Couleur bleutée, l’eau qui s’en échappe contraste avec l’eau salée de la mer. On nous confirme toutefois que l’Alaska est plus spectaculaire au niveau des glaciers.

Nous arrivons à Ushuaia vers midi. Elle se surnomme le bout du monde ou la porte de l’Antarctique. Ville de bord de mer avec les montagnes comme panorama…très belle carte postale! On marche jusqu’au glacier Marcial…toute une expédition. Près de minuit, on repart mais c’est déjà l’automne alors la clarté ne tient pas jusque-là même si nous sommes au 55ième parallèle.

Lendemain matin, c’est le jour tant attendu par plusieurs. C’est le passage du Cap Horn ou ‘U turn’ pour ceux qui font la croisière de Los Angeles à New York. Nous ne faisons que 13 jours de cette croisière qui en prend 48!! On a de la difficulté à évaluer la hauteur des vagues mais ça brasse à souhait! La visibilité est plutôt nulle, il vente tellement que le bateau penche sur sa gauche brusquement et les piscines se vident de leur contenu??!! On vas-tu couler? Ben non!! Un peu épeurant! Il y a un autre bateau de croisière qui lui attend à l’abri d’une île. On ne pourra pas voir le phare du cap Horn mais la météo nous a fait comprendre que de contourner la pointe de l’Amérique du Sud n’est pas de la tarte! Imaginez au temps des galions du 18ième siècle.

Le prochain stop se fait à Puerto Madryn… On retrouve Bernard et Louise qui nous attendent avec une voiture et un lunch. On a la chance de se rendre à la péninsule de Valdès.

Quatuor à Puerto Madryn
Quatuor à Puerto Madryn

Collaboration spéciale de Lumberjack :

On s’est retrouvés ce matin vers 8h au bout du quai. Nos projets de la journée: aller faire le tour de la Péninsule Valdés. La température, quoique nuageuse, est tout de même clémente. On se déplace donc vers l’entrée du parc, site naturel protégé de l’UNESCO.

Il a plu abondamment durant les deux dernières journées et une rumeur circule sur le bateau que certaines routes sont fermées.  Effectivement, à la guérite du parc, on nous annonce qu’il n’est pas possible de faire le tour de la péninsule car la pluie a rendu les routes impraticables. Le plus loin qu’on peut aller est au petit village de Piramides. On nous demande si l’on veut tout de même payer le 20$ de coût d’entrée par personne. Si,si!

Après un court arrêt au centre d’interprétation de la péninsule de Valdés, on se dirige vers Piramides. C’est un petit village de touristes au fond d’une baie ensablée avec la rue principale en pavés unis! On quitte le village en voulant vérifier si les dires de routes bloquées sont bien vrais. À moins de 500 mètres de la sortie du village, la route s’est transformée en un lac d’une dizaine de mètres longueur et on n’ose pas en sonder la profondeur avec notre auto.

On revient au village et on arpente toutes les rues donnant sur la baie. Ceci nous permet de faire la rencontre, dans un stationnement pour campers seulement, d’une famille avec deux enfants, venus de France avec leur camper. Ils veulent visiter l’Amérique pendant un an et demi. Délicieux échanges avec des gens cultivés et ayant des optiques de vie qui s’accordent avec les nôtres.
On s’arrête pour prendre un café et essayer un Yerba Mate. C’est le breuvage chaud typique de l’Argentine et la proprio nous le fait découvrir selon la coutume du pays.

Après un détour à l’information touristique, on nous oriente vers une piste qui nous mène à une loberia. C’est un site ou les loups de mer mettent bas et nourrissent leurs bébés le temps qu’ils soient suffisamment grands pour suivre la meute. Le vent nous souffle le sable dans les oreilles et dans les yeux mais quand il se calme on peut entendre les appels des mères qui sollicitent leurs jeunes à venir téter. Le spectacle est impressionnant. On peut aussi voir à l’occasion une femelle qui après quelques efforts réussit à se hisser sur la plage et de temps à autres un pingouin de Magellan qui refait surface pour reprendre son souffle.
Sur le chemin du retour on photographie des guanacos (petit lama sauvage), choiques (petite autruche) et autres petits oiseaux qui ressemblent à des perdrix. On évite de justesse d’écraser un de leurs lièvres sauvages. Ils sont gros avec de très longues oreilles. On ne photographie même pas l’un des 80 000 moutons qui vit sur la péninsule.
Retour et tour de ville en voiture.  La rentrée à bord est prévue pour 15h30 mais comme d’habitude tout se fait en retard.  On se quitte, il est presque 17h, promettant de se revoir dans 3 jours à Buenos Aires!!


On se réveille à Montevideo en Uruguay. On a l’impression d’avoir traversé l’Atlantique et d’être arrivé en Europe. L’architecture, les voitures et les habitants nous rappellent le vieux continent. La ville est belle, ça boit du maté sur la rue, le soleil nous réchauffe et on s’y sent bien.

Après une autre nuit de navigation, nous arrivons à Buenos Aires…

Première classe et Valparaiso

Merci à Priceline et Lan! Oui! Nous faisons plusieurs démarches pour dénicher des billets à prix normaux. Nous considérons même aller à Miami pour prendre le long vol pour l’Argentine ou le Chili. Nous visitons les bureaux d’Avianca, la compagnie aérienne principale de la Colombie. Nous visitons une agence de voyage… rien à faire, on parle de 1300$ pp pour se rendre au sud.

Suite à la lecture d’un article dans le Fortune (on est les seuls à lire ça à l’auberge de jeunesse), on découvre que Booking est acheté par Priceline. Ça nous donne l’idée d’essayer leur site et le fameux « name your own price ». Le concept, c’est de dire combien on veut payer et ils vont voir si une compagnie est intéressée. Il parait que ce concept fonctionne moins bien qu’à l’origine de sa mise en place. Les prix sont plus transparents…on essaye! Via leur site, on déniche des billets en partance de Santa Marta pour se rendre à Santiago pour 1000$. Ça nous arrange parce que ce qu’on avait trouvé à 1300$ partait de Bogota. Mine de rien, Bogota est à 20h de bus de Santa Marta!!

Lors de la réservation des sièges sur internet, on nous offre un choix limité car on est à 5 jours du départ. On nous attribue pour nos 3 segments de vol des sièges numérotés entre 1 et 10?! On trouve ça étrange car généralement on se retrouve dans la queue de l’avion mais on n’en fait pas de cas. On n’est pas encore certains quand on nous donne à Bogota une carte pour le salon exécutif et qu’on met une étiquette « priority » sur notre baggage.

La nuit à Bogota est pénible. Notre vol de Santa Marta part à 22h, nous arrivons à 23h. Nous passons la nuit sur les bancs de l’aéroport mais avant d’avoir pu faire l’enregistrement de nos bagages. Nous sommes dans la partie « générale ». A Bogota, il fait fret! C’est à 3000m d’altitude et en plus, ils sont à construire le nouveau terminal de l’aéroport. On est protégés par un toit et 3 murs! Un peu gênés, on sort finalement les sleeping-bags et avec nos amis les policiers pas trop loin, on réussit à dormir quelques heures.

Nous sommes « recompensés » par notre visite au salon exécutif puis par nos places en première classe sur le vol Bogota-Lima…mais aussi Lima-Santiago. Non seulement on a droit au champagne, revues et journaux, couverts en porcelaine, ustensiles métalliques, films sur demande, écouteurs Bose, l’espace et le calme de notre section…

Le summum ce sont les sièges qui se convertissent en lit! Ah… qui viennent avec la douillette en plume. Dire qu’hier, on a pris une douche à l’eau froide et qu’on a dormi sur un banc d’aéroport!

P'tit verre de champagne!
P’tit verre de champagne!

Nous passons une nuit à Santiago et nous nous dirigeons à Valparaiso d’où notre croisière partira.

Top 5 Valparaiso

  • Ville bâtie sur 41 collines avec des maisons recouvertes de tôle ondulée peinte de toutes les couleurs avec de l’art/graffitis sur plusieurs d’entre-elles
  • Les ascenseurs qui datent du début du 20e siècle qui aident les piétons à monter une portion de la colline qui recouvre la ville.
  • La proximité et la facilité d’accès à Vina del Mar… belle plage, vagues imposantes, ambiance de vacances avec des condos à profusion.
  • Les côtes et les escaliers qui aident à la remise en forme
  • Le trolley bus qui fait paisiblement faire le tour de la ville

Le SuzuCamp en Amérique du Sud

Le Shippen Island part 8 jours en retard du Panama. Ironiquement, sa date d’arrivée concorde exactement avec le début du Carnaval! Il nous est alors impossible de prendre possession de notre bolide avant la fin des festivités, soit avec 12 jours de retard!

Planification

Heureusement pour nous, la ville de Cartagena est un paradis pour le touriste. Et en plus, cet arrêt nous permet de repenser notre itinéraire. En effet, sachant que l’été austral tire à sa fin et que la route pour atteindre l’Argentine et le Chili est très longue, nous décidons de se lancer dans l’exploration du sud du sud au plus vite.

On se déniche un vol vers Santiago au Chili, une croisière partant de Valparaiso, qui passe par Ushuaia-Tierra Del Fuego pour aboutir à Buenos Aires. La croisière nous permet de voir le grand sud (Puerto Montt, Punta Arenas, le détroit de Magellan, le Cap Horn, le canal de Darwin (Beagle) sans avoir à se taper 8000 km de route, avouons-le, plutôt ennuyante. Notre boucle est complétée par du camping et du bus pour traverser l’Argentine d’est en ouest et retourner au Chili en traversant les Andes.

On sécurise également un endroit pour laisser le SuzuCamp. Il couchera en sécurité dans la campagne de Minca en montagne près de Santa Marta en Colombie. Un Allemand y possède une auberge et il nous offre l’hospitalité moyennant une petite rétribution… Yahoo!

On s’achète aussi une tente et on prépare un sac à dos plus approprié pour voyager à pied!! C’est d’ailleurs très facile de préparer un sac à dos pour ce type de voyage. On remplit son sac, on le remet ensuite à son conjoint qui lui coupera son contenu de moitié. Ensuite, s’installe une négociation pour ajouter un ou deux pots de crème de jour et une paire de jeans… et le tour est joué!!

La beauté (!) de toute cette planification est que nous ne pouvons rien réserver avant de reprendre possession de notre bolide. La date de prise de possession change au quotidien pour toutes sortes de raisons. Alors, on vérifie à tous les jours si nos vols et la croisière sont toujours disponibles. Évidemment, on peut toujours se rabattre sur l’option de continuer lentement notre route à travers la Colombie pour atteindre l’Équateur, le Pérou… mais disons que nous aimons bien notre nouvelle escapade vers le sud du sud. En plus, elle nous permet de revoir Louise et Bernard qui sont déjà à explorer l’Argentine.

La récupération

Après cinq jours d’attente, on revoit avec plaisir Julie et Jean-Baptiste dont la voiture partage notre conteneur. Ils ont eu droit à une cabine sur un voilier pour la traversée du Panama vers la Colombie. L’Atlantique a été dur avec eux et c’est avec le cœur plutôt fragile qu’ils se sont pointés à l’auberge où nous sommes à Cartagena de India.

Papas...un peu gras mais tellement bon!
Papas…un peu gras mais tellement bon!

Lorsqu’on peut finalement amorcer nos démarches de récupération, on doit aller chez Seaboard, passer par les douanes et ensuite le port pour se faire dire que nous devons attendre au lendemain pour revoir le SuzuCamp?? Une inspection doit se faire et ce sera demain. Ah bon! Par contre, il faut tout de même payer les frais d’entreposage dans le port que les délais supplémentaires occasionnent. EN TOUT CAS…

Le lendemain, même manège : taxi à quatre, chauffeur pas trop sûr du chemin, attente interminable au port. L’inspectrice de la douane se pointe finalement. On enfile nos casques de construction et on part pour ouvrir le conteneur. Nous sommes quatre couples à attendre nos véhicules…

Une fois l’inspection terminée, nous ne pouvons pas simplement reprendre nos autos. Il faut aller aux douanes (à 5km), attendre son tour, faire estamper quelques formulaires pour finalement se faire expliquer que l’on doit retourner au port pour reprendre nos bolides!!!

Retour au port, l’heure du lunch approche. Ce sont deux heures de lunch qu’ils ont ces Colombiens. À quatre couples, on réussit à forcer la main aux employés pour qu’ils nous laissent au moins aller jusqu’aux véhicules. Le grand chef doit signer pour autoriser notre sortie et il est parti manger!

Chose certaine, le nombre d’étapes à compléter et les nombreuses estampes à obtenir font que la probabilité qu’un intrus s’approprie notre bolide est quasiment nulle.

En sortant du port, direction Suramericana pour acheter de l’assurance automobile. On est là les premiers. Pourtant, on est sorti du port les derniers? Jacques Villeneuve, sort de ce corps… A moins que ce soit un signe qu’il faille s’inscrire à la course autour du Monde???

La réservation

Retour à l’auberge pour reprendre nos bagages et utiliser le réseau internet pour réserver la croisière, les vols et dépenser une couple de milles de plus!! On devra se serrer la ceinture rendu en Argentine… Mais là, l’heure des vacances a sonné!!!! On avait dépensé combien la semaine dernière!? La moyenne de 100$/jour a définitivement pris le bord.

L’entreposage

On repart aussitôt en direction de Minca pour aller stationner notre bolide. Une couple d’heures plus tard on se retrouve à circuler à travers les dernières célébrations carnavalesques car le mercredi des cendres sonne la fin des célébrations.

On trouve finalement notre camping, le ‘Sans-Souci’ qui se trouve en montagne sur un chemin de terre plutôt accidenté. Évidemment, il fait nuit et on avance lentement sur cette route. On a bien sûr trouvé le moyen de manquer l’entrée à notre premier passage…

Ce fut notre meilleure nuit depuis notre départ le 3 novembre dernier dans le SuzuCamp!!!

 

A la orden!!!

Cartagena de India et notre arrivée en Colombie, pays où le seul risque qu’on court, c’est de vouloir y rester!!

Notre arrivée par avion en Colombie est marquée par une longue attente aux douanes malgré la quasi non-existence de contrôle?! La lenteur du processus provient de leur gestion plutôt créative des files. On est malheureusement dans la file qui n’a pas d’handicap, pas d’enfant, pas assez de cheveux gris et une citoyenneté non prioritaire. Chaque avion qui arrive remplit une file prioritaire et nous on fait du « sur-place ». Après une heure et demie d’attente, on étampe notre passeport et « suivant »!! On comprend un peu plus pourquoi les autorités de plusieurs pays s’inquiètent de la facilité avec laquelle on peut entrer en Colombie.

En sortant de l’aérogare, on prend le bus local à 75 cennes qui nous dépose à deux pas des fortifications. Le prix du trajet de bus est indiqué dans la fenêtre de côté. En débarquant du bus, au pied de la statue de La Catalina, on s’offre un excellent jus d’orange frais pressé!!

La vieille ville de Cartagena de India nous attend! C’est vraiment une perle à visiter! Calèches, fortifications, bâtiments historiques en très bon état, mangue et ceviche prêts à manger sur la rue… Tout ça sur un air de salsa… Franchement plaisant!!

On déambule dans les rues de jour comme de soir, le tout de façon très sécuritaire. Les Colombiens sont très conscients de la réputation du pays. Ils font vraiment tout ce qu’il faut pour rassurer les touristes. D’ailleurs, le slogan du ministère du tourisme colombien est le suivant; Le seul risque que vous prenez en visitant la Colombie, est de vouloir y rester!

On trouve aussi à Cartagena un magnifique fort, le San Felipe de Barajas. Il ne fut d’ailleurs jamais détruit car trop bien pensé et facile à défendre. Il faut dire que les moustiques ont joué un rôle important dans la défense de la ville. Les envahisseurs devait attendre au pied du fort pour préparer leur attaque. Pendant ce temps, les moustiques des marécages environnants décimaient rapidement les troupes ennemies en propageant la fièvre jaune (fiou nous sommes vaccinés!). Bref, une visite qui vaut le détour. On a dû revenir le lendemain pour terminer notre visite tellement l’audio guide était intéressant!

La plage est à deux pas. Le vent est toutefois très insistant. Après une couple d’heures de plage, on se sent comme un petit biscuit sablé!! Ne cherchez plus pourquoi les Colombiennes et Colombiens conservent leur silouhette à faire tourner les têtes! Nous avons découverts deux de leurs secrets. Le premier… la gaine! On peut difficilement s’immaginer que quelqu’un puisse porter ça par de telles chaleurs. Ils font vivre l’expression « souffrir pour être beaux! ». Le deuxième truc (non documenté!) c’est la chirurgie plastique…pas seulement les seins mais beaucoup de fesses!

On profite de la proximité de Barranquilla pour aller se tremper dans leur célèbre Carnaval. Cet événement, le 200ième, est d’ailleurs inscrit au patrimoine de l’Unesco tout comme la ville de Cartagena de India! Des gens de partout viennent participer à ces célébrations qui durent près d’une semaine.

On paye la traite au touriste avec l'espuma!
On paye la traite au touriste avec l’espuma!

On assiste alors à plusieurs défilés au rythme de la musique salsa qui joue à tue-tête. Les festivaliers se déguisent, s’aspergent de crème à raser, de poudre de talc et d’eau… Ben le fun! Même les autos y passent!

On peut d’ailleurs fraterniser très facilement avec les résidents de Barranquilla car plusieurs ouvrent les portes de leur maison. Ils y font jouer de la salsa, vendent de la bière, vendent l’utilisation de leur toilette. On peut y grignoter des papas ou simplement prendre un peu de répit… Ambiance des plus agréable!

Martin avec la reine du carnaval!
Martin avec la reine du carnaval!

Nous croisons beaucoup de touristes dans le nord de la Colombie. Des gens de partout, qui n‘ont pas peur de la Colombie qui nous effraie tant. On rencontre plusieurs filles, des américaines, des allemandes et des québécoises qui voyagent seules dans ce beau pays. Nous partageons quelques moments avec Marika qui voyage seule. C’est une québécoise qui est déjà dans la ville depuis quelques jours. Elle nous fait connaître les « bons spots » et on jase avec facilité. Nous qui nous pensons capable d’en prendre… Il y a définitivement moins ‘pea soup’ que nous!!

Les Colombiens sont fort accueillants. D’ailleurs, tous les commerçants, et ce sans exception, nous invitent avec la formule suivante : A la orden!! A la orden!! Ce qui veut dire; À votre service, à votre service… Difficile de ne pas tomber sous le charme!

Viva Columbia!!