Au volcan Purace

Donnez-moi de l’oxygène!

La route de Medellin vers Popayan est toute une aventure. On roule sur la Panamerican. Une voie sans accotement… rien à voir avec notre perception d’une grande route qui traverse les Amériques! Il faut littéralement s’extirper avec patience de profondes vallées en parcourant d’innombrables virages en épingle. On doit suivre le trafic qui est constitué majoritairement de camions lourds pour atteindre lentement le sommet de la chaîne des Andes de l’ouest pour ensuite redescendre dans une autre vallée… Spectaculaire!

Popayan

C’est la ville blanche de Colombie. En effet, tous les bâtiments sont finis à la chaux blanche. Le coup d’œil est impressionnant et fort agréable. Le centre, à l’image de plusieurs zocalo, y est très animé et garni d’arbres pour l’ombrager de belle façon. C’est avec grand plaisir que nous y découvrons les menus du jour dans les nombreux petits restaurants de la ville. On commence avec un sancocho de gallina (soupe au poulet), suivi d’un papipollo (frites et poulet grillé) ou d’un octavo (huitième de poulet) accompagné de riz et salade, un jus de fruit frais et un jello pour terminer. Tout ça pour la modique somme de 2.50$!! Disons que ça nous laisse du lousse pour le gaz, les péages…

Après deux grandes villes, l’envie du grand air nous travaille alors on part à la conquête du volcan Puracé. Il faut quelques heures de route dans les montagnes pour atteindre la base qui se trouve à 3250 mètre. Le sommet quant à lui se trouve à 4750 mètres!!

Parc national volcan Puracé

En route, puisque les indications sont plutôt sommaires, nous arrêtons au Cabildo (hôtel de ville) de Purac. Un groupe d’hommes indigènes nous demande d’acheter un permis de passage à la communauté. De plus, ils nous suggèrent fortement de se prendre un guide pour l’ascension. Nous ne voulons pas d’ennuis alors nous engageons Nixon!

On nous informe qu’il est possible de camper dans une vieille mine désaffectée. Rendus sur les lieux, on se croit dans un film d’horreur et on décide donc de rebrousser chemin. On trouve finalement l’entrée OFFICIELLE du parc. On enclenche le 4X4 et au bout d’un chemin boueux qui nous brise l’exosto (tuyau d’échappement), on rejoint finalement la base du volcan. Le chef du parc nous accueille et nous annonce que notre permis ne vaut rien et qu’on devra payer un accès au parc national Puracé. Bref, on distribue notre fortune à la communauté!

C’est avec joie qu’on apprend qu’une cuisinière peut nous servir à souper… rien de moins que de la trucha (truite). C’est mieux que les biscuits soda et les sardines qu’on a prévu manger. On nous offre aussi une tasse d’agua panela!!! C’est de l’eau chaude avec du sucre de canne. C’est le breuvage parfait pour faire face au climat frisquet de la montagne.

On couche dans le SuzuCamp, heureux de ne pas être en tente. On a la chance de faire fonctionner le chauffage de la voiture une quinzaine de minutes avant de s’endormir pour enrayer l’humidité! Après une nuit froide, près du point de congélation, on se lève à 6h dans notre voiture très embuée.

On amorce l’ascension à 7h pour s’assurer d’en revenir avant la noirceur et l’orage quotidien de fin de journée. On marche à travers des pâturages de vaches laitières. Du lait à 4000m d’altitude! On traverse le paramo, un écosystème qui accumule de l’eau et la laisse s’écouler vers les vallées environnantes. On marche au son de l’eau qui descend!! C’est embrumé et boueux mais le panorama est vraiment superbe. Des sommets, des vallées, des nuages qui se pointent aussi rapidement qu’ils disparaissent, des lagunes qui remplissent le fond des vallées…

On est à bout de souffle et on avance très lentement. À partir de 4000 mètres, on a l’impression qu’on va y rester. Le cœur nous bat à un rythme très élevé au point qu’on s’arrête avec un sentiment d’inquiétude accroché au visage. Rendu à 4250 mètres, on aperçoit la cime du volcan! Quelques fumeroles laissent échapper une fumée jaunâtre. C’est le soufre qui est à l’origine de la fameuse mine…

On dirait qu’on fait du sur place. Malgré le petit répit d’une quinzaine de minutes pour grignoter et boire, on avance encore plus lentement. Le paysage est alors constitué seulement de roches volcaniques. Aucune végétation, le vent est présent, c’est frais, on garde notre veste polaire malgré l’effort. On s’arrête à tous les vingt pas pour prendre une photo… C’est le truc du jour pour reprendre notre souffle! Nous atteignons finalement le sommet et le regalo del dia est le ciel bleu (peu fréquent selon notre guide) qui nous attend pour immortaliser le moment!! Cinq heures d’effort pour finalement connaître la rareté de l’air et nous ne sommes qu’à 4750 mètres!

Revenu à la base, on soupe à la trucha vers 17h en compagnie de Colombiens qui sont heureux d’accueillir des touristes du Canada. Ils sont surpris de notre maîtrise de la langue espagnole et de notre connaissance du pays. On nous confirme que la police et l’armée possèdent deux stations de radio. Ils diffusent de la musique et bonifient leur image auprès de la population. 19h, on dort déjà… exténués de notre ascension!

San Agustin

Lundi matin, on reprend la route pour se rendre à San Agustin. Village difficilement accessible(5h de route de ‘garnotte’) mais dont il aurait été dommage de passer à côté. En effet, on y retrouve les vestiges archéologiques d’indigènes qui ont habité la région il y a plus de 1500 ans. Des statues sculptées dans la pierre montrant de longues incisives?? Fascinant!

Notre top 5

  •  Séjourner dans un camping très bien entretenu et partager quelques aventures avec les étudiants en foresterie de l’Université de Narino à Pasto.
  • Visiter le superbe parc archéologique où les oiseaux, papillons et sentiers sont un bonus aux monuments fascinants et bien aménagés/conservés.
  • Rencontrer Humberto… un guide qui nous donne un bon coup de main pour trouver notre camping, acheter du bois pour se faire un feu, trouver un mécanicien… un bon jack comme on dirait chez nous.
  • Faire réparer la direction du SuzuCamp… Elle faisait un bruit depuis notre départ mais la pensée de se taper la trampolina de la muerte (route entre San Agustin et Pasto) avec une direction qui pourrait nous laisser tomber nous rend nerveux. Finalement, c’est une réparation Colombienne! Malgré que les roues avant soient droites, le volant est tourné d’un quart de tour vers la droite… La vision du tableau de bord est obstruée partiellement… petit détail…
  • On a pris la décision exécutive de faire un petit détour et prendre la route la plus achalandée et abondamment protégée par l’armée!! Au lieu d’emprunter la route de terre à une voie qui a également le privilège d’être la proie des ‘guérillas comun’. Ce ne sont pas les FARC… on n’a pas à craindre de se faire kidnapper. Ce sont plutôt des bandits armés jusqu’aux dents qui vous volent tout et vous laisse sur le bord de la route.

Pasto

Après une journée de dix heures en voiture, nous nous arrêtons pour dormir à Pasto dans un« auto-motel ». Ça fait longtemps qu’on veut en essayer un. On sait un peu dans quoi on s’embarque car on voit ce genre d’hôtel depuis le Panama. Habituellement, on trouve des noms du genre : tu y yo, mi corazon, el gran placer, El punto G, etc. Ce sont des motels qui sont visités habituellement durant le jour et pour quelques heures seulement!  Voici notre top 5

  •  Stationner la voiture dans le garage aménagé sous notre chambre! À l’abris des regards indiscrets!! Tellement pratique pour nous! En plus, ça permet de faire toute une corde à linge!
  • Ne pas avoir à montrer son passeport, pas besoin de s’identifier… ni vu, ni connu…service express! On entre dans le garage et la porte se referme aussitôt derrière nous! Hasta manana!
  • Avoir une grande douche (chaude!) pour deux personnes… parfaite pour faire le lavage! On a même une vue sur le lit et la télévision. Et vice versa, une vue de la douche à partir du lit!!!!! Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…Miroir au plafond et lit TRÈS dur pour grande performance! Hi!Hi! Champagne et condoms dans le mini-bar
  • Vivre une expérience inusitée et se faire« guider » par un gentil gardien qui essait nous faire comprendre que de genre d’hôtel n’est pas exactement fait pour nous (normalement, maîtresse ou prostituée…d’où le but d’autant de d’intimité avec l’auto). Retourner à l’hotel après le souper (sans avoir fait le check-in) pour ne pas avoir à payer le double du prix de la chambre car on veut vraiment dormir toute la nuit. Pas seulement une sieste! Tarif : 30$ pour 8h et ensuite 3$/heure!
  •  Se faire embarrer dans la bâtisse… on n’a pas de clef et on doit appeler pour faire ouvrir la porte et quitter??!!

On se lève à 5h, un petit café et on part à 6h. On a été là seulement durant dix heures, 36$.

Ipiales

On prend alors la route pour Ipiales. C’est la dernière ville en Colombie avant de traverser en Équateur. Il ne nous reste qu’une journée pour sortir du pays car le visa du SuzuCamp se termine dans 24 heures!

On s’y arrête pour visiter le sanctuaire de Las Jalas. C’est vraiment un site à visiter. Le lieu est unique. Surtout que ce santuaire a été érigée au fond d’une vallée très profonde à même le roc. On y trouve aussi une centrale hydroélectrique car un rio y coule !

Une infinité de faveurs et de miracles y auraient été exhaussés suite à des pèlerinages comme en font foi les nombreuses plaques commémoratives qui ornent les rochers sur lesquels la cathédrale est bâtie!! Impressionnant!

 

 

 

9 réflexions au sujet de « Donnez-moi de l’oxygène! »

  1. Super! Un motel garage, j’espère que pour 30$, vous avez performé, après tout vous y étiez pour 10h! Le sanctuaire de Las Jalas, assez impressionant, juste pour ça on a le goût d’y aller.
    Vous n’avez pas changé, parfois j’ai crains de ne pas vous reconnaître…
    Bonne continuité!
    Lorraine bisousxx

    1. Bon Lorraine,

      Nous allons vous épargner les détails des performances. Parcontre, sur 10h, on peut te confirmer qu’on en a dormi 8…et la brassée de lavage à la main n’est pas négligeable dans l’horaire. hi!hi!

  2. Toujours une lecture des plus interessante, pas certain que j’aurais ce gout d’aventure. Bravo a vous deux et merci de nous en faire partager. C’est tellement bien ecrit qu’on se croirait sur place.

    continuez ces vacances de reves et j’ai hate au prochain blog

    Rejean

    1. C’est pas nous qui avons eu le courage de déménager en Floride avec la famille! C’est une différente aventure… En passant, nous rêvons toujours de Sunny Isles mais comme dirait Lumberjck, « la vie est un choix ».
      Merci pour les commentaires, c’est le fun d’avoir du feedback. On se sent moins loin. 🙂

  3. Toujours aussi intéressant . La passe de  » auto motel  » est très drôle . Même chose pour l arnaque du volcan Purace. Merci encore de nous faire partager votre voyage.

    1. Il y a certains événements pour lesquels on a besoin d’un peu de recul pour les trouver drôles mais c’est clair que ça mets du piquant dans le voyage. On se dit toujours… quand on va se bercer sur le perron et qu’on va se rappeler ces histoires!

  4. Wow, quelle aventure!
    Je suis colombienne, j’ai grandi à Popayan, la ville blanche de la Colombie. C’est tellement bien raconté, que moi même je ne l’aurais pas fait si bien que vous!! Très contente que vous aillez eu autant de plaisir!!
    Bravo d’avoir osé !! J’ai beaucoup rie avec la description du Motel 🙂
    Lilia

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