La Ciudad Perdida

Marcher 43 km dans jungle colombienne

Après avoir fait un saut de plus d’un mois en Argentine et au Chili, nous avons repris la route en Colombie. Nous nous sommes rendus à la Ciudad Perdida (Cité Perdue) dans le nord-est du pays au cœur de la chaîne de montagnes appelée, Sierra Nevada!!!

Nous avons alors entrepris un trek de cinq jours dans la jungle qui mène à cette cité perdue. La découverte de celle-ci date de 1972. Les indiens Tairona y vivaient il y a plus de 1200 ans. Aujourd’hui ce sont des indiens Arhuaco et Koguis qui occupent ce territoire.

Les Marianna!
Les Marianna!

 

Notre groupe est dirigé par deux guides Colombiens, Wilson et Melky. Deux Allemandes ainsi qu’un gars et une fille d’Australie nous accompagnent.

Notre périple dans la jungle est des plus plaisant. Pas de moustiques?! On nous a tellement fait peur. On se baigne dans la rivière Buritaca au quotidien, les trois campements sont très bien organisés, bref, c’est une entreprise qui est bien rodée que celle de la marche vers la Ciudad Perdida.

Baignade quotidienne
Baignade quotidienne

La cuisine se fait sur feu de bois dans ces campements. On a même eu droit à un chaudron de popcorn par un après-midi de repos!! Un seul campement possède l’électricité, grâce à une dynamo qui se situe 80 mètres plus bas que la prise d’eau qui elle se trouve au sommet de la falaise voisine. Évidemment, la noirceur qui se pointe vers 19h fait qu’on se couche très tôt et lorsqu’on on se lève vers 6h le café est déjà prêt!!!!

Popcorn sur feu de bois!
Popcorn sur feu de bois!

Le sentier nous oblige à traverser ‘les pieds dans l’eau’ une rivière à plusieurs reprises. Il y a d’ailleurs une traversée qui se fait maintenant sur un pont nouvellement installé car une noyade s’est produite l’année dernière. Un groupe voulant accélérer leur trajet a décidé de traverser à pied au lieu d’utiliser le chariot attaché à un câble au-dessus de la rivière… un français du groupe fut emporté par le courant.

L'une de douzaines de traversées du rio
L’une de douzaines de traversées du rio
Pont qui augmente la sécurité des marcheurs
Pont qui augmente la sécurité des marcheurs

 

Au passage, on a droit à quelques explications sur la culture de la coca qui est maintenant « terminée » depuis plus de vingt ans dans cette région de la Sierra Nevada. D’ailleurs, des militaires gardent encore l’accès au sentier ainsi que le site archéologique.

La flore est vraiment dense et verte à souhait. Le milieu plutôt humide est fort propice pour donner vie à toutes sortes de plantes et d’arbres mais très peu de fleur, sauf des oiseaux du paradis!! Des bananes, beaucoup d’oiseaux, des papillons, des poissons dans la rivière qui nous chatouillent en nous mordillant!! Et pas mal de sueur pour nous!

Les paysans y élèvent du bétail et par le fait même pratiquent des coupes d’arbres massives en flanc de montagnes pour laisser paître leurs animaux. À première vue, c’est un peu désolant. En y réfléchissant, ce sont des troupeaux de 20-25 têtes qui ne fournissent en lait et fromage que les quelques habitants de la région. Rien comme les exploitations nord-américaines…

Un autre facteur à considérer est le fait que le milieu chaud et humide ambiant est très propice à faire pousser n’importe quoi et ce très rapidement. Alors, le jour qu’on décide d’arrêter l’élevage, la forêt reprendra ses droits à la vitesse de l’éclair.

On a aussi rencontré les indiens du coin, des Koguis. Plutôt malheureux. Ils portent une toge blanche coupée aux genoux. Les femmes et les jeunes filles sont nu pied, les hommes et les garçons portent des bottes de caoutchouc. Les femmes sont à la hutte et les hommes transportent des sacs à dos plein de marchandises pour les campements longeant le sentier vers la Ciudad Perdida. Ils vivent de bananes ou plantains, de poulet et cochons… et des cuisines des campements.

Cheese!
Cheese!

En effet, au moment des repas, se pointent toujours quelques indiens qui mangent les restants des touristes qui font le trek. Pourtant, ils tissent encore des sacs mais ils n’en vendent pas? Paraît-il qu’ils reçoivent 5% des recettes des cinq entreprises de trek qui ont le droit de passer sur leurs terres. On a quand même pu faire quelques photos d’eux et on leur en a fait imprimer des copies.

Le site de la Ciudad Perdita est composé de plus de cent cinquante terrasses rondes qui sont reliées par des escaliers de roches plates. L’accès à ces plateaux passe par une ascension de 1200 escaliers! Goutte de sueur au bout du nez assuré pour environ une heure!!

Petite pause lors de la montée de 1200 marches
Petite pause lors de la montée de 1200 marches

Ces terrasses sont plutôt des promontoires de pierres qui ont l’allure d’une scène qu’on peut admirer de bas en haut. À l’époque, des huttes étaient posées sur ces terrasses.

Terrasses de la Cité Perdue
Terrasses de la Cité Perdue

Évidemment, les écrits relatant l’époque des Tayronas sont plutôt rares. On a pu y voir une grosse pierre gravée qui, selon les archéologues, serait une carte géographique de la région en 800 après JC.

Chose certaine, ils ont déplacé des milliers sinon des millions de pierres pour construire cette cité. Évidemment, ce travail fut fait en montagnes. Les efforts pour y arriver ont dû être colossaux. Par exemple, nous n’avions qu’à marcher avec notre petit sac à dos quelques heures par jour et on était exténué en arrivant au campement, imaginez eux.

Cité perdue
Cité perdue

Anecdote; les hommes indiens et seulement les hommes indiens ont le droit d’utiliser le Poporo. Le poporo est une calebasse contenant de la chaux servant à mastiquer de la feuille de coca. Les guides nous ont expliqué que la consommation à petite dose leur permet de transporter plus facilement les sacs de marchandises!? Genre que ça améliore la performance… bref, les hommes ont toujours l’air un peu ailleurs!!!! Ils ont toujours à la main leur foutu contenant et la joue un peu gonflée de feuilles de coca. Ces indiens ont le droit d’avoir un arbre à feuilles de coca par famille.

Cette marche d’un peu moins de 50km dans la jungle colombienne nous a permis de comprendre comment la vie en montagnes peut être difficile. On ne peut rien faire avant d’avoir marché quelques heures. Heureusement que le sentier est plutôt unique. C’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul sentier… Les chances de s’y perdre sont minces.

En terminant, un de nos deux guides, Melky, a eu l’opportunité de cueillir des feuilles de coca pendant plusieurs années pour les narcotrafiquants. Il fut cueilleur et coupeur de mauvaises herbes. Il a avoué que la rétribution pour ce travail était très intéressante. Depuis l’éradication de cette culture, il traie des vaches, cueille des fruits et des légumes ‘légaux’, guide des groupes et s’occupe de ses cinq enfants!!!!

Arbre à coca
Arbre à coca

Viva Colombia!

PS : J’ai malheureusement ramené quatre tiques de cette jungle. Elles ont sucé mon sang et j’en ai eu pour trois semaines à me débarrasser des petites ecchymoses sur mon corps. Mieux que d’être croqué par un tigre mais ça pique en s’il-vous-plaît…

Tiques...cadeau de la jungle!
Tiques…cadeau de la jungle!

7 réflexions au sujet de « Marcher 43 km dans jungle colombienne »

    1. C’est peut-être dans la même famille mais il me semble que c’est comme comparer un chat à un lion. Il y en a un qui a les dents plus longues! 😉

  1. Belle excursion !
    Je trouve dommage de manquer quelques photos, comme s il y avait un maximun d espace mémoire rattaché à vos textes ? quelqu’un d autre aurait il le même commentaire ? sinon, c est mon ordi qui se fait vieux ……

    1. Est-ce que c’est avec le Ipad? Sinon, je ne sais pas trop ce que c’est le problème. J’avoue que nous aussi, il nous arrive que quelques photos n’apparaissent pas.

      Les commentaires des autres lecteurs sont bienvenus…

      🙂

  2. Superbe randonnée, Avec notre vieux Mac toutes les photos y sont et c’est très beau. Le 17 mai ça va être notre tour mais loin d’être aussi aventureux ……Barcelone nous attends
    Luc et Sonia

    1. merci du feedback! Barcelone…c’est quand même assez merveilleux comme destination au printemps! Vous nous faites un petit reportage à votre retour?

      🙂

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